C’est par une première synthèse, présentée par Laurent Bigot, que se sont poursuivis les témoignages lors de cette rencontre.
Il a d’emblée confirmé un constat partagé par de nombreux intervenants : le recul des démocraties, particulièrement marqué en Afrique de l’Ouest francophone et dans la région du Sahel. La brutalité des événements survenus depuis 2022 y est, selon lui, incontestable. Il a également tenu à saluer la pertinence de l’analyse de Cellou Dalein Diallo.
Toutefois, refusant de céder à un discours pessimiste, Laurent Bigot a apporté une lecture plus nuancée et porteuse d’espoir.
Il a notamment mis en avant deux dynamiques majeures :
- l’évolution démographique, caractérisée par une population de plus en plus urbaine, favorisant l’émergence d’une conscience politique collective et la formation potentielle de contre-pouvoirs ;
- la prise de conscience croissante des peuples africains de leur autonomie et de leur potentiel, dans un contexte où la communauté internationale apparaît de plus en plus en retrait à leurs yeux.
Dans cette perspective, il a cité la réflexion du penseur Achille Mbembé :
« Les Africains doivent inventer leur démocratie et en payer le prix. »
Il a néanmoins souligné que ces évolutions nécessitent du temps et de la patience, notamment pour une jeunesse engagée, lucide et en quête de formation, appelée à jouer un rôle déterminant dans les transformations à venir.
Une mise en garde importante a également été formulée : celle de veiller à ce que la communication occidentale, et notamment française, adopte un ton juste et adapté aux réalités africaines.
Sur ces questions, l’intervention de Salim Mokaddem était attendue. Bien qu’il n’ait pu se connecter que plus tard, il est intervenu par la suite, principalement sur les enjeux liés à l’éducation, tout en partageant également son analyse globale.
